Mise à jour du 2 août 2026 — le feu est fixé. Dans son point de situation du samedi 1er août à 20 h, la préfecture de la Gironde annonce que le feu est fixé, à l'exception de points chauds actifs sur la presqu'île du Cap Ferret et sur le cordon dunaire au sud de Lacanau : l'incendie ne progresse plus, mais un feu fixé n'est pas un feu éteint. Le bilan définitif de l'épisode s'établit à 42 000 hectares parcourus et 240 kilomètres de lisières, sans victime dans la population mais avec plus de 330 sapeurs-pompiers blessés, et 252 bâtiments détruits à ce stade. Vingt et une communes ont été réintégrées depuis le 28 juillet, soit 208 000 personnes autorisées à rentrer ; Lège-Cap-Ferret et Le Porge restent évacuées. Deux informations utiles pour les réceptions reportées ou annulées : les assureurs se sont engagés à accélérer le passage des experts et ont prolongé jusqu'au 31 août la possibilité de déclarer un sinistre, et les attestations d'ordre d'évacuation, qui valent pour les remboursements, restent téléchargeables sur le site de la préfecture. Pour relancer concrètement un événement, voir notre check-list de reprise après évacuation.
Le feu qui s'est déclaré mardi 22 juillet à Saumos, dans le Médoc, est devenu en cinq jours l'un des plus grands incendies de l'histoire récente de la France. Au soir du dimanche 26 juillet, la préfecture de la Gironde évalue la surface brûlée à 42 000 hectares et compte près de 220 000 personnes évacuées à titre préventif dans 23 communes, du cap Ferret aux portes de la métropole bordelaise. Le département est placé en vigilance noire feux de forêt, et la préfète Sophie Brocas qualifiait dès vendredi la situation de « XXL » et d'« imprévisible ». Derrière l'urgence absolue — la sécurité des personnes —, une question très concrète se pose pour des centaines de familles : que deviennent les mariages, cousinades et séminaires prévus ces prochains week-ends dans une région qui compte parmi les plus belles terres de réception de France, entre bassin d'Arcachon, châteaux du Médoc et domaines des Graves ? Éléments de réponse, entre consignes officielles, droit des contrats et organisation de crise.
Mise à jour du 31 juillet. Selon le point de situation de la préfecture du jeudi 30 juillet à 16 h, l'incendie reste stabilisé (42 000 hectares, nuit calme) et la préfète a autorisé la réintégration de neuf communes supplémentaires (Mios, Le Barp, Cestas, Saint-Jean-d'Illac, Martignas-sur-Jalle, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin-de-Médoc, Salaunes, Sainte-Hélène), portant à 144 000 le nombre de personnes autorisées à rentrer chez elles ; l'A63 a rouvert dans les deux sens à 14 h. Une attestation d'ordre d'évacuation est téléchargeable sur le site de la préfecture pour les démarches d'assurance ou d'employeur. Pour la phase de reprise — nettoyage sanitaire, denrées, assurance, aides aux entreprises —, consultez notre guide : relancer votre réception après l'évacuation.
Mise à jour du 29 juillet. Selon le point de situation de la préfecture du mardi 28 juillet à 22 h 30, le feu est « stabilisé mais demeure actif » : 14 reprises traitées dans la journée, 42 000 hectares brûlés, 110 sapeurs-pompiers blessés depuis le début de l'événement. La préfète a autorisé le retour des habitants d'Eysines, de Mérignac et du Haillan, mais ordonné l'évacuation des campings, résidences de tourisme, villages vacances et parcs de loisirs de Lacanau — près de 4 000 personnes. Côté événements, les manifestations culturelles et sportives sont désormais autorisées au nord de la Garonne et examinées au cas par cas au sud, hors espaces végétalisés et sans mobiliser les secours. À noter pour les réceptions touchées : le délai de déclaration des sinistres aux assureurs est prolongé jusqu'au 31 août, et les frais de relogement des personnes évacuées sont pris en charge au titre de l'assurance habitation jusqu'à trois semaines.
Ce que disent les autorités au soir du 26 juillet
Un incendie — « grand feu dévastateur », dit sobrement le Larousse — de cette ampleur impose d'abord de s'en tenir aux faits établis par la préfecture : 2 500 sapeurs-pompiers, 18 moyens aériens, 1 500 militaires et 1 200 membres des forces de sécurité intérieure sont mobilisés ; 240 habitations ont été détruites ; 84 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de l'événement, mais aucune victime n'est à déplorer parmi la population. L'autoroute A63 reste partiellement coupée dans les deux sens au sud de Bordeaux, avec un itinéraire de contournement conseillé par l'A660 puis Belin-Béliet et Hostens pour quitter le secteur d'Arcachon. Deux consignes concernent directement les organisateurs d'événements : il n'y aura aucun retour possible dans les communes évacuées tant que le feu ne sera pas fixé, et la traversée des zones évacuées est formellement interdite — y compris pour se rendre sur son lieu de travail, donc y compris pour récupérer du matériel, livrer des fleurs ou dresser une salle. Pour toute question, la cellule d'information du public est joignable 24 h/24 au 09 70 80 90 40.
Réception prévue en zone évacuée : la sécurité d'abord, sans négociation
Si votre lieu de réception, votre hébergement ou votre domicile se trouve dans un secteur concerné, la règle tient en une phrase : on applique les consignes, immédiatement et sans improviser. Les évacuations sont ordonnées par FR-Alert, le dispositif d'alerte qui fait sonner tous les téléphones de la zone concernée, avec itinéraires dédiés et centres d'accueil — douze sont ouverts dans neuf communes, renforcés par un centre de 1 500 lits au parc des expositions d'Agen. Une évacuation préventive se décide en minutes : on laisse la décoration, les cartons de verres et la sono, et on part. Pour les invités, un seul canal de communication vaut mieux que cent appels croisés : un message unique — « l'événement n'aura pas lieu à la date prévue, ne prenez pas la route, nous revenons vers vous » — envoyé à toute la liste, si possible par la personne la moins impliquée émotionnellement. Et si votre traiteur, votre photographe ou votre DJ habite lui-même une commune évacuée, rappelez-vous qu'il gère la même urgence que vous : aucun buffet ne vaut qu'on mette quiconque en danger.
Annulation ou report : force majeure, arrhes et acomptes
Une fois tout le monde en sécurité vient la question des contrats. En droit français, l'article 1218 du Code civil définit la force majeure comme un événement échappant au contrôle du débiteur, imprévisible lors de la conclusion du contrat et aux effets irrésistibles. Un arrêté d'évacuation ou une interdiction préfectorale d'accès rend l'exécution de la prestation impossible à la date prévue : le cas d'école de la force majeure. Concrètement, si l'empêchement est temporaire, l'exécution du contrat est suspendue — c'est le terrain du report ; s'il est définitif, le contrat est résolu et les sommes versées pour une prestation non exécutée doivent en principe être restituées. Attention toutefois au vocabulaire de votre devis : comme le rappelle l'Institut national de la consommation, arrhes et acompte n'obéissent pas aux mêmes règles — les arrhes permettent de se dédire en les abandonnant (et obligent le professionnel qui renonce à restituer le double), quand l'acompte engage fermement les deux parties ; sans précision écrite, les sommes versées sont présumées être des arrhes. La force majeure rebat ces cartes, mais les frais déjà engagés — denrées périssables commandées, personnel réservé — se traitent au cas par cas, contrat et justificatifs en main. Conservez l'arrêté préfectoral, le message FR-Alert et tous vos échanges écrits : ce sont vos preuves. Et relisez votre assurance réception : les meilleures garanties annulation couvrent expressément les catastrophes naturelles et interdictions administratives, d'autres non.
À 50 ou 100 kilomètres du feu : fumées, cendres et plan B intérieur
Une réception maintenue loin des flammes n'est pas pour autant une réception comme les autres. L'ARS Nouvelle-Aquitaine rappelle que les fumées font dépasser le seuil d'alerte de qualité de l'air sur une large partie de la région, au gré du vent : limiter le temps passé à l'extérieur, garder portes et fenêtres fermées, éviter les efforts physiques qui accroissent la pénétration des particules dans les voies respiratoires. Traduction événementielle : le vin d'honneur en terrasse et la piste de danse en plein air se replient en intérieur, comme on le ferait pour un orage annoncé — le plan B intérieur n'est plus une option de confort mais une mesure sanitaire. Les personnes vulnérables — âgées, enceintes, jeunes enfants, invités asthmatiques ou cardiaques — sont prioritaires : l'ARS achemine 2,5 millions de masques FFP2 et les officines de garde des zones limitrophes peuvent en remettre aux personnes fragiles. Côté service : buffets dressés en salle et couverts jusqu'au dernier moment (les cendres voyagent loin), aucune cuisson extérieure — les barbecues et flammes nues sont de toute façon interdits par arrêté dans la plupart des départements de l'arc atlantique —, et vigilance sur les trajets : entre l'A63 coupée et un samedi 1er août déjà classé noir par Bison Futé, les invités qui traversent le Sud-Ouest ont besoin d'itinéraires vérifiés la veille.
Reporter sans tout perdre : la méthode, et un geste qui compte
Face à un feu qui n'est pas fixé, le report est presque toujours plus intelligent que l'annulation sèche : il préserve le travail de tous et transforme un sinistre en simple changement de date. La méthode tient en quatre temps. Un : ne fixez pas de nouvelle date avant que les autorités n'aient rouvert la zone — un report sur un week-end encore interdit se paie deux fois. Deux : re-confirmez vos prestataires dans l'ordre des dépendances, comme dans tout rétro-planning — d'abord le lieu, puis le traiteur, puis les autres ; un dimanche ou un samedi de fin septembre offre souvent plus de disponibilités qu'on ne le croit. Trois : formalisez le report par un avenant écrit au devis initial (mêmes prestations, nouvelle date, sort des sommes versées), plutôt que par un nouveau contrat qui remettrait les compteurs à zéro. Quatre : prévenez les invités avec la nouvelle date en une seule communication, claire et sans pathos. Reste le sort des denrées déjà livrées quand la fête tombe : plutôt que de les perdre, proposez-les aux centres d'accueil via la cellule d'information — dans l'esprit anti-gaspillage qui honore la profession, des traiteurs et restaurateurs girondins nourrissent déjà évacués et soldats du feu. Un mariage se reporte ; la solidarité, elle, ne se remet pas à plus tard.
FAQ : incendie en Gironde et réceptions
Mon lieu de réception est dans une commune évacuée et mon mariage est prévu samedi prochain : que faire ?
Partez du principe que la date ne tiendra pas : la préfecture exclut tout retour tant que le feu n'est pas fixé, et la remise en état des lieux prendra du temps ensuite. Activez dès maintenant le scénario report avec le lieu et le traiteur, et prévenez les invités qu'une nouvelle date suivra.
Vais-je récupérer les sommes déjà versées si l'incendie force l'annulation ?
Si la prestation est rendue impossible par une interdiction administrative, la force majeure de l'article 1218 du Code civil s'applique : les sommes versées pour une prestation non exécutée doivent en principe être restituées, qu'il s'agisse d'arrhes ou d'acompte. Les frais déjà engagés (denrées, personnel) se règlent au cas par cas — d'où l'intérêt d'une assurance annulation.
Le traiteur peut-il me facturer les produits déjà achetés pour mon événement ?
Tout dépend du contrat : certains devis prévoient expressément le sort des achats engagés en cas d'annulation pour force majeure. En pratique, un partage négocié du coût — ou un don des denrées aux centres d'accueil — est souvent la solution la plus juste pour les deux parties. Exigez des justificatifs et formalisez l'accord par écrit.
Ma réception est à 80 kilomètres du feu : faut-il annuler ?
Non, pas par principe. Suivez les consignes de votre commune, surveillez la qualité de l'air et le sens du vent, repliez cocktail et danse en intérieur, protégez les invités vulnérables et vérifiez les itinéraires la veille — l'A63 est partiellement coupée et le week-end du 1er août s'annonce très chargé sur les routes.
Comment aider les personnes évacuées ?
Ne vous rendez jamais sur zone : c'est la première consigne des autorités. Passez par les canaux officiels — cellule d'information au 09 70 80 90 40 — pour proposer un don, notamment de denrées si votre événement est annulé, et laissez les axes routiers libres pour les secours.