Le 16 octobre 2026, deux fiches RappelConso ont visé la même coppa tranchée : la n° 23844, publiée par METRO France pour la « Coppa 60 tranches 2x250 g Metro Chef » (contamination à Listeria monocytogenes), et la n° 23830, publiée par Netto pour sa « barquette coppa 100 g » (suspicion de listeria). Les deux portent le même code de lot, 218B, et les deux produits sont vendus depuis le 7 août dans toute la France. L'un des deux est un produit de cash and carry, donc d'abord celui des professionnels, traiteurs compris. Pour qui prépare une planche de charcuterie pour la Toussaint ou pour le Beaujolais nouveau, c'est une fiche à lire ligne à ligne, et elle contient un piège de lecture que nous détaillons plus bas.

Planche ronde de charcuterie et fromages avec salaisons tranchées, olives, raisins noirs et baguette sur un fond clair
Une planche est l'archétype de la denrée prête à manger : des tranches fines de salaison, posées sur un plat, consommées crues et sans aucune cuisson finale.

Ce que disent les fiches 23844 et 23830, et ce qu'elles ne disent pas

La fiche RappelConso 23844 concerne la référence GTIN 3439496301334, vendue par METRO France dans toute la France du 7 août au 15 octobre 2026. Deux lots sont visés : le lot 218B (horodatage de 7 h 10 à 8 h 11, date limite de consommation au 14 novembre) et le lot 223C (horodatage de 8 h 31 à 9 h 39, DLC au 19 novembre). Le motif est une « contamination à la Listeria monocytogenes ». La conduite à tenir est de ne plus consommer ni utiliser le produit et de le rapporter au point de vente ; le remboursement est prévu et le rappel est volontaire, sans arrêté préfectoral.

La fiche 23830 décrit une barquette de 100 g de coppa sous atmosphère protectrice, GTIN 3250391184330, lot 218B, vendue chez Netto du 7 août au 16 octobre, avec la marque de salubrité FR 12.300.005 CE. Le motif est cette fois une « suspicion de Listeria monocytogenes ». Elle rappelle, comme toutes les fiches de ce type, que les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées et les personnes âgées doivent être particulièrement vigilantes et que l'incubation peut aller jusqu'à huit semaines.

Ce que les deux fiches ne disent pas : aucune ne nomme un fabricant commun, aucune ne précise où la contamination a été détectée, aucune ne signale de cas. La fiche METRO n'affiche pas de marque de salubrité dans le contenu publié. Nous ne pouvons donc pas affirmer que les deux produits sortent du même atelier. Nous constatons seulement quatre coïncidences : le même type de produit, le même pathogène, le même code de lot et la même date de début de vente.

Un même code de lot, deux dates différentes : le piège du « 218B »

C'est le point le plus utile pour un professionnel. Sur la fiche METRO, le lot 218B porte une DLC au 14 novembre. Sur la fiche Netto, le lot 218B porte une date de durabilité minimale au 25 octobre, et la page précise bien qu'il s'agit d'une DDM et non d'une DLC. Deux produits, un seul code, deux dates, soit vingt jours d'écart. Un code de lot ne suffit donc pas à identifier un produit : il faut le croiser avec le code-barres (GTIN) et la date.

Une lecture, que nous proposons comme hypothèse et que rien dans les fiches ne confirme, aide à comprendre ces codes. Si les trois premiers chiffres sont un quantième (le jour de l'année), 218 correspond au 6 août 2026 et 223 au 11 août, ce qui est cohérent avec un début de commercialisation le 7 août. Les DLC et DDM se retrouvent alors par calcul : 6 août plus 100 jours donne le 14 novembre, 11 août plus 100 jours donne le 19 novembre, et 6 août plus 80 jours donne le 25 octobre. Autrement dit, le même jour de fabrication, deux durées de vie commerciales (100 et 80 jours) selon l'enseigne ou la référence. Nous ne savons pas si ces durées correspondent à des produits différents ou à des réglages d'étiquetage ; ce que nous savons, c'est qu'un traiteur qui « cherche 218B dans sa chambre froide » sans vérifier le GTIN peut se tromper dans les deux sens.

METRO Chef : quand le rappel touche le canal professionnel

Un rappel de supermarché s'adresse au grand public, qui doit rapporter le produit en magasin. Un rappel METRO s'adresse en premier lieu aux restaurateurs, aux traiteurs et aux collectivités qui s'y approvisionnent. Le conditionnement de 2 × 250 g, soit 60 tranches, correspond à un usage de production : plateaux, planches, canapés. Notre précédent article sur les tenders de poulet Oumaty rappelés chez METRO détaillait déjà les réflexes de ce canal, et celui sur le foie gras rappelé le 11 septembre montrait la même mécanique pour la terrine.

Il y a une raison d'agir vite : les DLC. Contrairement à la plupart des rappels de produits frais, dont la date est déjà dépassée quand la fiche paraît, ces deux lots peuvent encore être dans un frigo professionnel jusqu'à mi-novembre. La période concernée couvre le week-end de la Toussaint et d'Halloween, les premiers cocktails de fin d'année et la soirée Beaujolais nouveau du 19 novembre, où la charcuterie est reine. Un lot 223C qui expire le jour du Beaujolais nouveau, ce n'est pas anodin pour un traiteur.

Charcuterie tranchée : pourquoi la planche est un point sensible

La coppa est une salaison crue, séchée et affinée. Elle se mange telle quelle, en tranches fines, et c'est précisément ce qui la place dans la famille des denrées prêtes à manger. Nous avons détaillé la réglementation applicable, le règlement (UE) 2024/2895 appliqué depuis le 1er juillet 2026, dans notre article sur le stand sushi retiré de la vente à Saint-Dié. Retenons seulement ici que la catégorie d'une charcuterie, et donc l'exigence qui lui est applicable, dépend de ses paramètres et que c'est à l'exploitant de les démontrer.

Sur le plan sanitaire, Santé publique France recense dans son bilan 1999-2024 de la listériose en France619 cas notifiés en 2024, avec une incidence très nettement plus élevée chez les personnes âgées. Or une table de réception rassemble souvent plusieurs générations, et la planche de charcuterie est ce que tout le monde attrape en premier. Notre guide du plateau de charcuterie de traiteur et celui sur les charcuteries AOP et IGP décrivent la composition ; la présente actualité rappelle qu'une planche se compose aussi à partir d'un registre d'achats.

Crevettes entières cuites rangées dans un bol en faïence, têtes et pattes apparentes
Les crevettes entières cuites réfrigérées, produit d'entrée de gamme des verrines et des plateaux de fruits de mer, font l'objet de trois fiches listeria en huit jours.

Crevettes cuites : trois fiches en huit jours, et un rappel publié le jour de la DLC

La coppa n'est pas la seule fiche du 16 octobre à concerner des produits servis crus ou froids. Deux fiches, la 23785 (crevette entière cuite réfrigérée 20/30, lot 9262800232) et la 23786 (même famille, calibre 30/40, lot 9262800108), signalent la présence de Listeria monocytogenes. Les produits portent la marque de salubrité FR 13.117.001 UE, sont conditionnés en boîtes polystyrène de 2 kg et ont été vendus du 7 au 13 octobre sur l'étal de sept à huit enseignes ou poissonneries selon la fiche, dont Intermarché, Super U, Centre Leclerc et Carrefour Market, éventuellement reconditionnés. Leur DLC est le 16 octobre, jour même de la publication : le rappel n'a plus d'effet sur la marchandise fraîche, mais il compte pour celle qui aurait été congelée, et surtout pour tout ce qui a déjà été servi.

Cette série n'est pas la première. Le 9 octobre, la fiche 23743 visait déjà des crevettes entières cuites réfrigérées élevage 30/40, 300 g, de la marque Signature du Poissonnier (lot 626412, marque de salubrité FR 62.474.100 CE), vendues le 24 septembre avec une DLC au 3 octobre. Trois fiches, trois lots, deux marques de salubrité distinctes en huit jours : il serait imprudent d'en tirer une cause commune, et nous ne le faisons pas. Pour un menu, la conséquence pratique est simple, et nous la détaillons dans notre guide des poissons et fruits de mer en réception : des crevettes cuites réfrigérées sont un produit à gérer comme un plateau de charcuterie, avec la même traçabilité.

Trente fiches listeria en douze jours

En interrogeant l'export ouvert de RappelConso sur data.economie.gouv.fr, nous comptons désormais 30 fiches alimentaires mentionnant Listeria monocytogenes publiées entre le 5 et le 16 octobre 2026, contre 25 dans notre décompte de la veille (le 16 octobre au matin). Elles se répartissent en 19 viandes et charcuteries, 5 produits laitiers, 3 produits de la pêche, 1 plat préparé et 2 « autres », et émanent de 16 marques ou mentions « sans marque ». Un charcutier compte pour huit fiches (paupiettes et échine), un autre pour quatre (pâtés et terrines). La coppa METRO Chef et Netto, la crevette cuite, la salade nordique en barquette ou le surimi relèvent de la même famille de produits : refroidis, tranchés ou prêts à servir.

Ce décompte reste un instantané : une fiche est publiée quand l'opérateur ou les autorités la déclarent, pas quand la contamination survient, et le nombre de fiches ne mesure ni le nombre de malades ni le niveau de risque. Il donne en revanche l'ordre de grandeur de ce qu'un acheteur professionnel doit surveiller : environ trois fiches listeria par jour ouvré en ce moment.

Ce que fait un traiteur sérieux, et ce que vous pouvez lui demander

Le premier réflexe est de chercher par GTIN, lot et date, jamais par lot seul, comme le montre le cas du 218B. Le deuxième est de rapprocher la fiche des bons de livraison et des factures du fournisseur : dans un cash and carry, les achats sont en général rattachés à un compte client, ce qui rend la recherche rapide à condition que les factures soient conservées. Le troisième est de bloquer et isoler tout produit concerné avant de décider de sa destruction ou de son retour au magasin, puis de noter la date et l'heure de l'opération. Le quatrième est de savoir ce qui est parti en prestation : un cahier de production daté indique quelles planches ont été montées avec quel lot, donc quels clients informer.

Côté organisateur, quatre questions suffisent, par écrit si possible. Votre traiteur achète-t-il sa charcuterie tranchée en barquette ou la tranche-t-il lui-même ? Où s'approvisionne-t-il et conserve-t-il les étiquettes de ses lots ? Surveille-t-il RappelConso, et sait-il vous dire en quelques minutes s'il a été concerné par un rappel récent ? Propose-t-il, pour les convives fragiles, une alternative cuite ou servie chaude ? Notre guide de la chaîne du froid événementielle et notre article sur la sécurité des fournisseurs d'un traiteur détaillent les réponses attendues.

La coppa n'est pas en cause en tant que produit : c'est un produit de tradition, et la plupart des lots ne posent aucun problème. Si l'on veut comprendre pourquoi un affinage et un tranchage maîtrisés comptent, la fabrication artisanale en est la meilleure illustration.

FAQ : coppa rappelée, listeria et réception

Quels produits sont concernés par les rappels du 16 octobre 2026 ?

La fiche 23844 vise la « Coppa 60 tranches 2x250 g Metro Chef » (GTIN 3439496301334, lots 218B et 223C, DLC 14 et 19 novembre 2026) vendue par METRO France. La fiche 23830 vise la barquette de coppa 100 g de Netto (GTIN 3250391184330, lot 218B, DDM 25 octobre 2026). Dans les deux cas, la conduite à tenir est de ne plus consommer le produit et de le rapporter au point de vente.

Les deux rappels viennent-ils du même fabricant ?

Les fiches ne le disent pas. Elles partagent le type de produit, le pathogène, le code de lot 218B et la date de début de vente (7 août 2026), mais la fiche METRO n'indique pas de marque de salubrité et les durées de vie diffèrent. Il serait hasardeux de conclure à une origine commune sans information supplémentaire.

Que faire si j'ai consommé l'un de ces produits ?

Selon les fiches, il faut consulter son médecin en cas de fièvre, avec ou sans maux de tête et courbatures, en signalant la consommation. Les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées et les personnes âgées sont à surveiller plus particulièrement, et l'incubation peut aller jusqu'à huit semaines.

Une planche de charcuterie est-elle risquée pour une réception ?

Elle expose à un risque faible mais réel, comme toute denrée prête à manger, qui pèse surtout sur les invités fragiles. Les mesures utiles sont la traçabilité des lots, la chaîne du froid, une rotation courte et une alternative cuite pour les femmes enceintes et les personnes âgées.

Comment vérifier qu'un traiteur n'est pas concerné par un rappel ?

Demandez-lui, par écrit, s'il a acheté la référence visée, avec la date de ses achats et le lot concerné. Un prestataire qui conserve ses factures et son cahier de production répond en quelques minutes. Les fiches se consultent gratuitement sur RappelConso et se filtrent par catégorie.