Les vœux d'entreprise se tiennent en général avant le 31 janvier, la limite d'usage la plus citée. Pour un traiteur, la vraie échéance est donc bien plus tôt : la salle, le devis et surtout la règle sur l'alcool se règlent en novembre ou décembre. Voici ce qu'un organisateur doit trancher avant de signer, avec les textes et les chiffres que nous avons pu vérifier.

Ce sujet n'avait pas encore d'article sur notre site. Il complète notre guide du cocktail d'entreprise, le guide du buffet corporate et nos repères de budget traiteur par personne.

Le 31 janvier : un usage, pas une règle

Selon 24matins (12 janvier 2026), qui cite l'historienne Nadine Cretin, le 31 janvier est la limite généralement admise pour présenter ses vœux : une « frontière symbolique », au-delà de laquelle les vœux peuvent sembler forcés. L'article précise qu'il s'agit d'un usage, pas d'une obligation, et que souhaiter la bonne année relève davantage de l'usage que de la tradition.

Pour un événement, la conséquence est pratique. Tout le monde veut la même semaine de janvier, souvent juste après la reprise, et les traiteurs sont déjà mobilisés par les fêtes de fin d'année. Nous n'avons pas trouvé de statistique publique sur les délais de réservation des cérémonies de vœux ; ne comptez donc pas sur un chiffre précis, et demandez plutôt au traiteur ses créneaux disponibles dès maintenant. Si votre entreprise organise aussi une fête de fin d'année, notre article sur le traiteur de Noël en entreprise aide à répartir le budget entre les deux.

Alcool au travail : ce que dit le Code du travail

C'est le point le plus souvent mal compris. D'après Les Éditions Tissot (11 décembre 2025), le Code du travail interdit en principe les boissons alcoolisées sur le lieu de travail, avec des exceptions. L'article R. 4228-20 permet de tolérer le vin, la bière, le cidre et le poiré ; les spiritueux sont donc exclus. La CAPEB (30 octobre 2025) cite la même règle : « aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n'est autorisée sur le lieu de travail », et en tire qu'un employeur ne peut pas autoriser les spiritueux lors d'un événement interne.

Conséquence directe pour le menu : pas de whisky, de vodka ni de cocktail à base de spiritueux au bar si les vœux ont lieu dans les locaux. Le champagne, lui, est un vin mousseux ; Tissot conclut qu'on peut en servir lors d'un pot. Ce raisonnement porte sur le lieu de travail : nous n'avons pas trouvé de source qui tranche le cas d'une salle louée à l'extérieur, et nous recommandons de demander à votre service juridique ou RH comment la règle s'applique à votre cas.

Règlement intérieur, ivresse et responsabilité de l'employeur

Deux autres règles pèsent sur l'organisateur. D'abord, un règlement intérieur ou une note de service peut restreindre ou interdire l'alcool ; selon Tissot, en cas d'interdiction absolue, l'alcool doit aussi être exclu des pots. La CAPEB rappelle qu'une interdiction générale n'est licite que si elle est justifiée par la santé et la sécurité. Le commentaire de la décision du Conseil d'État du 12 novembre 2012 (n° 349365) va dans le même sens : des dispositions qui excédaient « par leur caractère général et absolu » ce que l'employeur peut imposer ont été écartées, faute de danger particulier démontré. Cet article ne traite pas des pots d'entreprise ; nous l'utilisons seulement pour le principe.

Ensuite, l'ivresse. Tissot cite l'article R. 4228-21 : il est interdit de laisser entrer ou séjourner dans l'entreprise une personne en état d'ivresse, avec une amende de 10 000 euros appliquée autant de fois qu'il y a de salariés concernés. La même source ajoute que l'employeur doit protéger la santé et la sécurité des salariés, par exemple en empêchant un salarié qui n'est pas en état de conduire de prendre son véhicule. La CAPEB invoque l'article L. 4121-1 et demande d'encadrer les pots et repas d'entreprise.

Ce que cela change pour le traiteur : une boisson sans alcool visible et variée, de l'eau en libre accès, du solide en continu et une fin de service claire. Voir nos idées de mocktails sans alcool pour ne pas réduire l'offre à du jus d'orange.

Combien prévoir : des repères, pas un devis

Nous n'avons pas trouvé de source publique donnant un budget spécifique aux cérémonies de vœux. Les seuls chiffres vérifiés viennent d'un article d'ABC Salles (9 octobre 2024), qui les reprend de sites tiers, dans un contexte de mariage : un buffet froid pour 100 convives, boissons et service compris, autour de 7 700 euros (Cotton Bird), soit environ 77 euros par personne, et un cocktail dinatoire pour 80 personnes jusqu'à 8 200 euros, soit environ 102 euros par personne. Ces chiffres ont deux ans et ne concernent pas l'entreprise ; ils montrent surtout l'ordre de grandeur et l'écart entre buffet et cocktail.

Le même article cite plusieurs leviers de coût, que l'on retrouve dans un devis de vœux : le calendrier (les fêtes de fin d'année coûtent plus cher), la location de vaisselle, le personnel sur place, et les stations culinaires, souvent moins chères qu'un repas servi à table. Pour un budget global, notre point sur l'inflation d'octobre 2026 et les devis traiteur donne le contexte des prix alimentaires.

Pour estimer les quantités, nos pages sur le nombre de pièces par personne et le cocktail déjeunatoire restent la base de calcul.

Cinq points à faire figurer dans le devis

  • La carte des boissons conforme. Vin, champagne, bière, cidre si vous êtes dans les locaux ; pas de spiritueux. Une ligne sans alcool aussi soignée que le reste.
  • Les allergènes. Une liste écrite par pièce, comme pour toute réception : voir notre guide des allergènes en buffet.
  • Les options végétariennes. Prévoir une part de pièces sans viande ni poisson, détaillée dans notre page traiteur végétarien et vegan.
  • La durée du service. Heure de début et de fin, avec fermeture du bar à une heure précise.
  • La chaîne du froid. Pour les pièces froides, les engagements de stockage et de transport, détaillés dans notre guide chaîne du froid et HACCP.

Questions fréquentes

Jusqu'à quelle date peut-on organiser les vœux de l'entreprise ?

Il n'existe pas de date légale. L'usage cité par 24matins fixe la limite au 31 janvier, ce que l'historienne Nadine Cretin décrit comme une « frontière symbolique ».

Peut-on servir du champagne à la cérémonie de vœux ?

Selon Tissot, oui sur le lieu de travail, car le champagne est un vin mousseux et le vin est toléré par l'article R. 4228-20. Un règlement intérieur qui interdit totalement l'alcool l'exclut en revanche aussi des pots.

Peut-on proposer des cocktails à base de spiritueux ?

Pas dans les locaux de l'entreprise, d'après les sources citées : seuls le vin, la bière, le cidre et le poiré sont tolérés. Un bar à mocktails respecte la règle et plaît à tous.

Que risque l'employeur si un salarié est ivre ?

Tissot cite une amende de 10 000 euros appliquée autant de fois qu'il y a de salariés concernés, au titre de l'article R. 4228-21, et indique que la responsabilité de l'employeur peut être engagée en cas d'accident. La CAPEB mentionne des sanctions civiles, voire pénales, en cas d'accident du travail imputable à l'alcoolisation.

Combien coûte un cocktail de vœux par personne ?

Nous n'avons pas de chiffre public propre aux vœux d'entreprise. Les seuls repères vérifiés (2024, contexte mariage) vont d'environ 77 euros par personne pour un buffet froid à environ 102 euros pour un cocktail dinatoire. Demandez un devis détaillé à plusieurs traiteurs.