Le 19 octobre 2026, RappelConso a publié six fiches pour des saucisses de volaille crues contaminées par des salmonelles (marques Corico, Medina, Bec d'Or et Neutre), toutes issues du même établissement, avec la même date limite de consommation, le 26 octobre, et un circuit « RHD » (restauration hors domicile) cité dans chacune. Le même jour, cinq autres fiches ont rappelé des steaks hachés et un tartare de la marque Les Ateliers pour E. coli O157:H7, DLC du 20 octobre. Aucune de ces fiches ne parle de malades. Mais pour un traiteur qui achète en caissette de 5 kg chez un grossiste, c'est typiquement le rappel qu'on ne voit pas dans les rayons, et qu'il faut aller chercher dans ses bons de livraison.
Saucisses de volaille crues : six fiches, un seul établissement, un même numéro
Les six fiches portent la même marque de salubrité, FR 69.135.001 CE, le même motif (« présence de salmonelle »), la même mention de DLC au 26/10/2026 et le même numéro, 9776000285, dans le champ d'identification des produits. Le tableau ci-dessous reprend ce que disent les fiches, sans rien y ajouter.
| Marque et produit | Conditionnement | Vente déclarée | Circuit cité | Fiche |
|---|---|---|---|---|
| Neutre, saucisses de volaille natures crues | Caissette 5 kg | 13/10 | RHD | 23859 |
| Medina, saucisse de volaille nature crue halal | Barquette 2,6 kg, caissette 5 kg | 14 au 16/10 | RHD | 23857 |
| Medina, saucisse de volaille brasse crue halal | Barquettes 600 g et 1 200 g | 13 au 16/10 | RHD et Intermarché | 23855 |
| Bec d'Or, saucisse de volaille brasse crue | Barquette 600 g | 12 au 16/10 | RHD | 23856 |
| Corico, saucisse de volaille brasse crue | Barquettes 600 g et 1 200 g | 13 au 17/10 | RHD et Bigard | 23854 |
| Corico, saucisses de volaille natures crues | Barquettes de 10 et de 5 saucisses (325 g) | 15 au 19/10 | RHD | 23853 |
La conduite à tenir est identique partout : ne plus consommer, ne plus utiliser le produit, le rapporter au point de vente et contacter le service consommateur. Ce que le tableau montre, et qu'aucune fiche isolée ne dit, c'est qu'quatre noms commerciaux différents recouvrent un seul site de production. Un traiteur qui « n'achète pas Corico » peut donc très bien avoir du Medina, du Bec d'Or ou du Neutre dans sa chambre froide. Seule la marque de salubrité, FR 69.135.001 CE, imprimée dans l'ovale sur l'étiquette, relie les quatre.
Pourquoi ce rappel concerne les réceptions, et pas seulement les grandes surfaces
Trois détails des fiches parlent à un professionnel. D'abord les formats : caissette de 5 kg « s/atm » (sans atmosphère protectrice) pour Neutre et Medina, barquette de 2,6 kg pour Medina, soit des conditionnements de cuisine collective et de traiteur, pas de rayon. Ensuite le circuit, « RHD » dans les six cas, alors que deux fiches seulement ajoutent un second réseau (Intermarché, Bigard). Enfin la mention « halal » sur deux références Medina : pour un buffet de mariage ou de fête religieuse, la saucisse ou la merguez de volaille remplace souvent la viande de porc ou de bœuf, et le produit n'a pas d'équivalent immédiat le jour J.
La DLC du 26 octobre laisse une semaine de stock potentiellement présent en chambre froide, à quelques jours du week-end de la Toussaint et d'Halloween (31 octobre et 1er novembre), ce qui fait de ce rappel un sujet de planification. Nous avions déjà abordé le circuit professionnel dans notre retour sur les rappels de poulet chez METRO.
Une vidéo pédagogique de l'office fédéral suisse de la sécurité alimentaire sur la question de la cuisson : les règles de base sont les mêmes de part et d'autre de la frontière.
Steaks hachés et tartare Les Ateliers : E. coli O157:H7, DLC aujourd'hui
Cinq fiches, une seule marque de salubrité (FR 13.097.003 CE), le même motif « détection d'E. coli O157:H7 » et la même DLC, le 20 octobre 2026 : steaks hachés 5 %, steaks hachés 12 %, steaks hachés 20 %, viande hachée 20 % et tartare brasserie 5 % charolais 2×180 g. Les fiches indiquent une commercialisation à partir du 12 octobre et une diffusion France entière par des grossistes et distributeurs spécialisés (les noms sont cités dans chaque fiche, avec par endroits des fautes de frappe : reportez-vous à la fiche, pas à notre résumé).
Ici la conduite à tenir est plus ferme : ne plus consommer, ne plus utiliser, détruire le produit. Deux conséquences pratiques, qui relèvent de notre lecture et non des fiches. Premièrement, la DLC passée n'efface pas le problème : tout haché de ces lots congelé avant le 20 octobre reste concerné, et la congélation n'est pas une étape d'assainissement. Deuxièmement, le tartare pose la question que les traiteurs préfèrent éviter : servir du haché cru ou rosé à un public mixte. Nous y revenons dans la check-list, et nous avions déjà posé les bases dans notre point sur les salmonelles et les steaks hachés de septembre.
Ce que disent l'Anses et Santé publique France
Sur sa page consacrée à la salmonellose, l'Anses rappelle que les viandes, y compris la volaille, comptent parmi les aliments les plus souvent en cause, que l'infection peut devenir « très grave, voire mortelle » chez les nourrissons et les personnes immunodéprimées, et que le conseil de base est de cuire à cœur, à 70 °C, les aliments d'origine animale, volaille et viande hachée en tête. L'agence indique aussi qu'en France, en 2019, les salmonelles étaient responsables de 39 % des toxi-infections alimentaires collectives.
Pour E. coli producteur de shigatoxines, le bilan de Santé publique France sur le syndrome hémolytique et urémique pédiatrique couvre 2007-2016 : 1 215 cas notifiés, soit en médiane 116 par an, un âge médian au diagnostic de 30 mois, et des épidémies à STEC O157 rattachées en France à du steak haché (deux épidémies) et à du camembert au lait cru (une). Ce sont des données anciennes, mais elles disent l'essentiel : le public le plus exposé est celui des tout-petits, précisément celui d'un goûter ou d'un buffet enfants. Nous avons traité l'autre vecteur, le lait cru, dans notre article sur le rappel de Tome des Bauges (STEC O26).
La check-list du traiteur, en six gestes
- Rapprocher les fiches de vos bons de livraison. Cherchez FR 69.135.001 CE et FR 13.097.003 CE, pas seulement les marques, puis le numéro 9776000285 pour les saucisses et la DLC (26/10 ou 20/10).
- Isoler et étiqueter sans jeter. Séparez les produits, signalez-les « bloqués » et conservez une preuve (photo de l'étiquette, bon de livraison) avant toute destruction, pour échanger avec le fournisseur.
- Remonter la chaîne de sortie. Si des produits ont déjà été préparés, listez les prestations concernées depuis le 12 octobre. Le règlement (CE) n° 178/2002 impose à l'exploitant de retirer le produit et d'informer les autorités s'il estime qu'une denrée n'est pas conforme ; notre guide sur la chaîne du froid et l'HACCP en événementiel présente les contrôles à mettre en place.
- Prévenir le client si une prestation est concernée, en lui donnant les faits (produit, dates, fiche) plutôt qu'un commentaire.
- Revoir la cuisson et les surfaces. Cuisson à cœur à 70 °C pour la volaille et le haché (Anses), planche et couteaux séparés cru/cuit, gants changés entre les deux. Notre guide barbecue et plancha haut de gamme traite des postes de cuisson en réception.
- Ajuster la carte. Pas de tartare ni de haché rosé pour un public d'enfants, de personnes âgées ou de femmes enceintes. Pour un buffet de fin d'année, la même rigueur de fournisseur s'applique aux produits prêts à consommer, comme nous l'avons vu après le rappel de coppa de METRO Chef et le stand sushi de Saint-Dié.
Sur la sélection des fournisseurs, notre article sur les billes apéritives et la sécurité des fournisseurs revient sur le sujet.
Ce que nous ne savons pas
Les fiches ne précisent ni l'origine de la contamination, ni le nombre de lots, ni l'existence de cas humains. Elles ne nomment pas non plus les clients professionnels livrés. Nous ne disons donc pas que votre stock est concerné : nous disons qu'il faut le vérifier aujourd'hui. Les fiches peuvent être mises à jour (nouveaux lots, nouvelles références) : reportez-vous à RappelConso pour la version courante.
Questions fréquentes
Que faire des saucisses de volaille concernées si elles sont déjà en chambre froide ?
Ne pas les utiliser, les isoler, garder une trace (étiquette, bon de livraison), contacter le fournisseur et suivre les instructions de la fiche, qui demande de ne plus consommer et de rapporter le produit. Ne les écoulez pas « bien cuites » : un rappel n'est pas une dérogation.
La cuisson à cœur ne suffit-elle pas à neutraliser la salmonelle ?
La cuisson à cœur à 70 °C est la règle de base de l'Anses, mais elle ne s'applique pas à un produit rappelé, et elle ne protège pas de la contamination croisée entre le cru et le cuit pendant la préparation. Un produit rappelé se retire, il ne se « rattrape » pas par la cuisson.
Mon steak haché est périmé aujourd'hui et je l'avais congelé, que faire ?
Si le produit relève des lots rappelés (marque de salubrité FR 13.097.003 CE, DLC 20/10), la fiche demande de le détruire. La congélation arrête la durée de vie du produit, pas le danger ; nous vous recommandons de ne pas le réintroduire en cuisine.
Quel public est le plus exposé ?
Selon l'Anses, les nourrissons et les personnes immunodéprimées pour la salmonellose ; selon Santé publique France, les très jeunes enfants (âge médian de 30 mois) pour le syndrome hémolytique et urémique lié aux STEC. D'où la prudence sur les buffets enfants, les goûters et les repas de résidences seniors.
Comment ne plus rater un rappel qui concerne mon activité ?
Prenez l'habitude de consulter chaque matin les nouvelles fiches du jour sur RappelConso en filtrant « viandes » et « plats préparés », et de croiser avec vos bons de livraison. Retenez les marques de salubrité de vos grossistes, plus fiables que les noms commerciaux.